de Merill Block

Livre de poche janvier 2011

Merill Block est américain, né en 1982 à Plano, Texas. Il a fait ses études à l'université Washington à Saint-Louis.
Son roman « Histoire de l'oubli » lui a été inspiré par sa grand-mère, atteinte de la maladie d'Alzheimer.

Seth est un adolescent malheureux. Sa mère vient d'être mise dans un centre médicalisé, pour cause de maladie d'Alzheimer. Son père, dès qu'il rentre de son travail, s'installe devant la télévision et regarde des séries tout en buvant bière sur bière et s'enferme dans un silence que l'adolescent n'arrive pas à rompre.
merill_block_poche.gif Seth n'a pas de vrais amis à l'école. Il se sent en marge partout. Sa mère lui manque terriblement. De plus en plus solitaire, il rêve de découvrir quelle était la famille de sa mère. Son père se refuse à lui répondre, prétextant qu'il avait juré à sa femme, la mère de Seth, qu'il ne lui dirait jamais rien..
En désespoir de cause, Seth se tourne vers internet sur les sites traitant de la maladie d'Alzheimer dans les cas où cette dernière est précoce chez les malades qu'elle atteint. Il tombe sur un professeur d'université qui a fait des recherches poussées en la matière. Il réussit à entrer sur le site de recherche du professeur et découvre qu'il y a peu de personnes qui ont cette maladie tôt. Il existe notamment une famille, celle des Haggard, qui connait ce problème; Il se met à enquêter sur les personnes de cette famille susceptibles d'exister encore aux États-Unis.
D'un autre côté, nous retrouvons régulièrement, qui s'intercale entre deux chapitres sur Seth, un drôle de conte initiatique « la légende d'Isadora » qu'une mère comptait à ses jumeaux Abel, devenu un vieil homme, bossu et déformé, et son jumeau blessé à la guerre et parti depuis longtemps de la maison avec sa femme Mae, qu'Abel a aimé plus que tout.
Deux histoires qui n'ont, semble-t-il, rien à voir, mais que l'art du romancier amènera progressivement à se voir liées.
C'est un roman profond, bouleversant, vrai. Avec justesse et empathie, l'auteur nous livre la détresse de ceux qui sentent progressivement que la maladie prend le dessus, et de ceux, l'entourage, qui en subissent les conséquences effroyables. Tous se sentent englués par les effets inéluctables de la maladie.
Ce n'est pas larmoyant. C'est dit d'un ton juste et sensible, sans fioriture, sans excès.
C'est un très beau livre qu'il faut avoir lu et qui nous amène à avoir un autre œil sur cette terrible maladie.
Écrit par un jeune homme de 26 ans, ce premier livre de Merill Block est remarquable de maturité.